Écrevisse signal de Californie
Sa présence en France
Originaire de la côte est des Etats-Unis, elle fut introduite en Suède vers les années 1960. Cette souche fut développée par élevage à grande échelle et relâchée dans les lacs suédois. L’exportation fut ensuite organisée vers l’Europe. Premières introductions en France vers 1976-1977, en Sologne et dans les Vosges. Expansion due à l’homme. Echappées des élevages malgré les précautions prises, elles se sont répandues dans la nature en migrant naturellement. L’homme a facilité leur propagation de façon volontaire ou non (aquariophilie ou appât de pêche).
Comment la reconnaître ?
De couleur brun rougeâtre, tend vers le brun clair. Elle a des pinces massives, lisses et décorées d’une tache claire, parfois bleutée en face dorsale et rouge en face ventrale. Adulte elle peut atteindre une taille maximale d’environ 180 mm pour un poids allant jusqu’à 150 gr, ce qui fait d’elle une des espèces astacicoles la plus grande des eaux continentales. Elle a une activité majoritairement nocturne.

Sa reproduction
Elle atteint sa maturité sexuelle entre un et deux ans. Lors de sa reproduction annuelle en automne, elle peut pondre de 150 à 400 œufs, ceux-ci vont éclore aux mois de mai / juin. Les juvéniles resteront avec la femelle jusqu’à leur 3ème mue.
Sa nuisance
Elle occupe une niche écologique proche de celle de l’Écrevisse à pieds blancs, espèce locale. Elle est considérée dangereuse pour les écrevisses autochtones européennes car sa compétitivité écologique et éthologique est nettement supérieure à court et à long terme. En dehors de toute manifestation d’ordre pathologique, elle élimine progressivement les Écrevisses autochtones. Cette situation est particulièrement bien observée avec l’Écrevisse à pieds blancs, les deux espèces ont multiplié les zones de contact au cours des deux dernières décennies avec pour conséquence la disparition de populations d’écrevisses natives sur tous les bassins où elle a été introduite.
Les écrevisses juvéniles exercent une prédation sur les alevins de poissons et le benthos (organismes sans colonne vertébrale et visibles à l'œil nu, comme les insectes, les mollusques, les crustacés et les vers, qui habitent le fond des cours d'eau et des lacs) dont se nourrissent beaucoup d’espèces de poissons. Adulte, elle peut détruire les frayères de certaines espèces, notamment les cyprins, ce qui nuit à la pêche de loisir.
L’être humain joue un rôle majeur dans la dispersion de cette espèce porteuse de l’organisme responsable de la peste de l’écrevisse.
Réglementation
Espèce inscrite sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union Européenne, en application du règlement européen n°1143/2014.
Espèce dont l’introduction sur le territoire, y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu naturel, détention, transport, colportage, utilisation, échange, mise en vente, vente ou achat de spécimens sont interdits par l’arrêté du 14 février 2018 sur tout le territoire métropolitain et en tout temps.
Espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques en eaux douces et dont l’introduction est interdite selon les articles L 432-10 et R432-5 du code de l’environnement.
Quels sont les moyens de gestion ?
Une gestion par régulation naturelle., certains prédateurs locaux (oiseaux, loutre) la consomment mais la pression de prédation est trop faible par rapport à la capacité de reproduction de cette espèce.
Une méthode de prévention dans les étangs piscicoles, consiste à la filtration de l’eau de remplissage, cela permet de limiter les risques d’introduction de jeunes écrevisses.
La seule technique qui montre une réelle efficacité est le piégeage intensif et régulier des plans d’eau à l’aide de nasses (celui-ci est réglementé).
Précautions
L’écrevisse signal peut être porteuse saine de la peste des écrevisses, l’aphanomycose.
Comme toutes espèces d’écrevisse invasives, elle doit être tuée sur place.
Documentation supplémentaire
- Le centre de ressources des espèces exotiques envahissantes : https://base-information-especes-introduites.fr/espece/pacifastacus-leniusculus/
- L’Office Français de la Biodiversité : https://professionnels.ofb.fr/fr/taxonomy/term/1186