Renouée du Japon

Renouée du Japon (Fallopia japonica) ©Jeremy Halls

La Renouée du Japon (comme les autres Renouées asiatiques) est une plante vivace, originaire d’Asie Orientale et naturalisée en Europe dans les années 1820 comme plante ornementale.
Répandue sur tout le territoire national, en Isère, les plus fortes concentrations s’observent le long des grands cours d’eau et de certains de leurs affluents. En 2006, elle était présente dans 239 communes sur les 533 que compte le département.

Comment la reconnaître ?

La renouée du Japon (Fallopia japonica) est une plante vivace arbustive.
Elle se compose d'un système racinaire puissant, de gros rhizomes (tiges souterraines vivaces) ligneux et traçants, et de longues tiges semi-ligneuses (jusqu'à 3 mètres de hauteur), dressées et arquées, formant une vaste touffe évasée. Ces tiges, de couleur rougeâtre, sont creuses et dotées de nœuds qui leurs donnent des airs de bambous.

Tiges vertes tachetées de rouge et creuses qui ressemblent à du bambou.
Feuilles alternes et petites fleurs blanches en grappes

Le feuillage dense est caduc. Il se compose de larges feuilles ovales se terminant en pointe et à la base tronquée. De couleur verte, elles virent au jaune avant de tomber.

Sa floraison, constituée de fleurs blanches regroupées en grappes dressées de 10 à 20 cm, se fait d’août à novembre.

Fleurs de Renouée du Japon ©Andreas Rockstein

Son développement

C’est une plante qui croît rapidement (de 1 à 8 cm par jour) et qui se multiplie grâce à son rhizome.
Elle colonise les fossés et talus bords de route, les rives et berges de cours d’eau, lisières et clairières des forêts alluviales mais également les terrains vagues, voiries.

Jeunes pousses ©korina.info
Rejets au printemps ©Andreas Rockstein
Port en touffe évasée ©Katrin Schneider

Sa nuisance

La présence de la Renouée du Japon dans les écosystèmes locaux engendre des conséquences significatives. Sur le plan écologique, elle a la capacité de coloniser rapidement des espaces ouverts, étouffant les espèces végétales indigènes et modifiant la structure des habitats naturels. Cette compétition peut dégrader la biodiversité en affectant les espèces natives ainsi que les interactions entre les organismes. En outre, la Renouée du Japon peut poser des défis économiques. Elle a la capacité d'endommager les infrastructures telles que les pistes cyclables, les canalisations et les fondations de bâtiments en envahissant les fissures et les joints. Ces dommages peuvent entraîner des coûts de réparation considérables.

Réglementation

Reconnues et listées aux niveaux mondial et européen parmi les espèces exotiques envahissantes les plus menaçantes pour la biodiversité, les renouées asiatiques ne font pourtant, aujourd’hui en France, l’objet d’aucune réglementation.

Comment la contrôler ?

De nombreuses méthodes ou techniques ont été testées depuis des années pour contrôler localement les renouées asiatiques ou les éliminer. Elles peuvent être mécaniques, thermiques ; elles peuvent cibler la partie aérienne ou souterraine de la plante. De manière générale, toutes les techniques génèrent des risques plus ou moins importants de dissémination de la plante. Les fauches sont fréquentes et généralement destinées à restaurer la visibilité, les accès ou les usages. Elles sont aussi utilisées dans l’objectif de réduire durablement le développement des renouées, mais elles impliquent dans ce cas d'exercer une forte pression d'entretien pendant de nombreuses années. Les arrachages manuels remplacent la fauche sur certains sites. Ils nécessitent alors une importante main d'œuvre et génèrent de grands risques de dispersion de la plante. L’arrachage ou le décaissage des sols colonisés sont également fréquemment mis en œuvre. Ces techniques peuvent réduire la pression des renouées, mais doivent être utilisées avec précaution pour éviter toute dispersion de propagules de l’espèce. Le bâchage peut donner des résultats intéressants s’il fait l’objet d’une maintenance régulière. Il est indispensable de poursuivre les actions de lutte sur plusieurs années pour éradiquer la plante.

Exportation obligatoire

Tout arrache ou décaissage engendre d’exporter les rémanents et autres terres contaminées pour éviter toute dispersion. Des centres dédiés sont référencés pour les professionnels. Pour un particulier, il est impératif de les enfermer en totalité dans des sacs robustes et de les jeter aux ordures ménagères.

Documentation supplémentaire