Berce du Caucase
La Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une plante herbacée de la famille des Apiacées anciennement appelées Ombellifères en raison de leurs inflorescences caractéristiques en forme d’ombelle.
Originaire du Caucase, elle a été introduite au 19ème siècle en France et en Europe. Elle fut d’abord cultivée comme plante ornementale dans les jardins botaniques d’où elle s’échappa par dissémination naturelle. Après une période de latence de près d’un siècle, elle révéla son caractère invasif à partir du milieu du 20ème siècle.
Comment la reconnaitre ?
Plante bisannuelle ou pluriannuelle, elle est une véritable géante avec ses 2 à 5 mètres de hauteur. C'est une espèce monocarpique, c'est-à-dire qu'elle ne fleurit qu'une seule fois au cours de son existence et meurt après avoir produit ses graines. Son développement végétatif dure entre 3 et 7 ans avant de produire entre 10 000 et 20 000 graines par pied.
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Sa tige est robuste, cannelée, creuse et épaisse (jusqu'à 10cm de diamètre). Elle est couverte de poils blancs et rudes et elle est tachetée de rouge. |
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Ses feuilles sont très grandes (jusqu'à 1m de long et 50cm de large), à divisions dentelées et terminées en pointes fines. |
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Sa floraison se situe entre juin et septembre, on la reconnait par ses grandes ombelles de petites fleurs blanches composées de plus de 30 rayons et atteignant jusqu'à 50cm de diamètre. |
Elle fait des fruits secs, qu’on reconnait par ses petites graines ovales de 8 à 14 mm de long, à l'odeur d'orange amère ou de résine très marquée.
La Berce du Caucase préfère les sols frais à humides mais peut s’implanter pratiquement dans tout type de sols. Elle se disperse dans l'environnement et envahit les fossés, les berges de rivière, les bords de route, les lisières forestières, terrain en friche et les prairies extensive. Elle peut former des populations très denses qui prennent le pas sur la flore indigène.
Les risques pour la santé humaine
Le contact avec la sève de la plante ne provoque pas de douleur immédiate, la sève contient des toxines (furanocoumarines) qui engendrent des photo-phytodermatites après contact avec la peau ou les muqueuses des humains (et autres mammifères). Celles-ci apparaissent dès 15 minutes après exposition aux rayons ultra-violets du soleil des organes ayant été en contact avec la plante.
Les premiers symptômes représentent des brûlures cutanées douloureuses apparaissant entre un et trois jours après le contact avec la sève et pouvant être du premier, deuxième voire troisième degré.
Les symptômes visibles sont les suivants :
- Une peau rouge et gonflée ;
- L'apparition d’ampoules étendues et suintantes, parfois nombreuses (diamètre pouvant atteindre plusieurs centimètres) ;
- L'apparence d’une brûlure, parfois sérieuse.
Attention : La zone cutanée atteinte peut rester sensible aux rayons ultraviolets (photosensibilité) pendant plusieurs années. Des taches brunes (hyper ou hypopigmentation) peuvent également apparaître sur les zones touchées et persister pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
L’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes vous en dit un peu plus : Berce du Caucase : risques et comment se protéger ?
Réglementation
La Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), est une espèce réglementée :
Au niveau Européen, le Berce du Caucase est inscrite sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union Européenne, en application du règlement européen n°1143/2014.
Au niveau national, elle est inscrite sur la liste de l’Arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain.
Comment lutter contre la Berce du Caucase ?
Lorsque la présence de la Berce du Caucase est observée, il faut contrôler son développement et limiter sa propagation en veillant particulièrement à détruire les plants identifiés (en vous protégeant), surtout s'ils se trouvent à proximité d’un lieu fréquenté par le public et en particulier par des enfants.
Eliminer les plantes situées en bord de fossés ou cours d’eau afin de limiter la dispersion des graines par l’écoulement de l’eau.
La meilleure période pour éliminer la plante jeune se situe à la fin du mois d’avril ou début mai quand elle mesure moins de 30 cm de hauteur. C’est le moment où il est le plus facile d’arracher (ou éventuellement de sarcler sous le collet racinaire) les jeunes plantes.
Quand l’arrachage n’est pas possible (pieds âgés trop enracinés), les racines doivent être sectionnées, le plus bas possible entre 20 et 25 cm en dessous du niveau du sol (en dessous du collet, au printemps dans la mesure du possible, pour éviter toute repousse voire fleurissement).
La coupe sous le collet doit alors être pratiquée à l’aide d’un outil à main, de types bêche, pioche, ou houe.
Destruction et conditionnement des déchets verts produits
Les parties de plantes coupées sont des déchets verts. Leur brulage est interdit.
Leur élimination ne doit ni exposer les personnes qui les manipuleront, ni contribuer à la dispersion des graines.
Si la partie aérienne de la plante a été coupée avant floraison, celle-ci peut être compostée, méthanisée ou laissée sur place.
Si la partie aérienne de la plante a été coupée après la floraison, il est possible de prélever les inflorescences et de les placer dans un sac poubelle hermétiquement fermé avant de les diriger vers un centre d’incinération d’ordures ménagères contrôlé, pour éviter toute dissémination des graines.
Il est préférable de laisser sécher les plantes coupées ou arrachées avant élimination afin de s’assurer de sa non-repousse (bouturage, reprise sur racine).
Actualités
2026 : Participer à la mission flore réalisé par Tela Botanica « A la recherche de la Berce du Caucase » en partenariat avec l’ANSES et FREDON France. L’objectif est d’étudier et mieux connaître la répartition de cette espèce exotique envahissante en faisant remonter des signalements de populations qui n’auraient pas été encore découvertes ; et aussi de faire connaître les enjeux sur cette espèce à la population locale et aux acteurs du territoire.
Documentations supplémentaires
- L’observatoire de la biodiversité en Auvergne-Rhône-Alpes : https://www.biodiversite-auvergne-rhone-alpes.fr/
- FREDON Auvergne-Rhône-Alpes : https://fredon.fr/aura/
- Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes : https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/
- GENTIANA Société botanique dauphinoise D.Villars : https://gentiana.org/wp-content/uploads/fiche-Heracleum-mantegazzianum_v4.pdf


