ENS de la colline de Comboire
Un peu d'historique
La colline de Comboire est un avant-poste calcaire du Vercors, située sur la rive gauche du Drac. Elle s’étend sur 135 ha, entre 263 et 560 m d’altitude. Le rocher de Comboire est une relique glaciaire du Würm de 18 000 ans. Grâce à son exposition sud-sud-est et à la qualité de son sol, le site accueille une flore méditerranéenne, très diversifiée : pistachier térébinthe, biscutelle à feuilles de chicorée, nerprun alaterne, Genévrier thurifère (qui fait l’objet d’une protection régionale).
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Les falaises calcaires de 150 mètres de haut s’étalent sur 1 km 600 et sont des lieux de niche très appréciés des rapaces, en particulier du grand-duc d’Europe et du faucon pèlerin. |
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On y trouve des abris sous roche et des diaclases (trou du Renard). Site d’Oppidum occupé depuis le néolithique, il a livré de nombreux vestiges (parures, céramiques, etc.). Le Fort de Comboire construit entre 1882 et 1884 y occupe un site panoramique, qui lui permettait de croiser ses feux avec les autres fortifications entourant Grenoble. Il est aujourd’hui l’un des mieux conservés. L’exploitation des ciments VICAT a laissé des galeries aujourd’hui bouchées mais qui abritent de nombreuses chauves-souris.
Où en sommes-nous ?
- Une démarche pour le réseau des ENS du département de l’Isère :
Les communes de Claix et Seyssins ont sollicité en février 2017 le Département de l’Isère pour relancer la démarche d’intégration du site de la colline de Comboire au réseau des ENS du département. L’enjeu de ce projet porte sur la préservation et la valorisation des richesses naturelles et patrimoniales (Exemples : les habitats rocheux, prairiaux et forestiers sous influence méditerranéenne, le faucon pèlerin, le grand-duc, le genévrier thurifère, les orchidées, le fort de Comboire, les anciennes galeries Vicat et Fort de France).
En créant cet outil « ENS », la volonté des deux communes est de parvenir à mieux gérer le site (organiser la fréquentation et les usages) et à mener en collaboration avec les propriétaires des actions concrètes de préservation et de valorisation.
- Une mise en place d'un plan de gestion :
Son premier plan de gestion, pour une durée de 5 ans, a été arrêté en mai 2019.
Le plan de gestion 2019-2023
Celui-ci planifiant sur sa durée des objectifs opérationnels aboutissant à des résultats à court terme en prenant compte les facteurs d’influence d’origine naturelle ou anthropique :
- Maintenir les habitats de prairies mésophiles et pelouses sèches
- Restaurer les pelouses sèches ;
- Favoriser les insectes pollinisateurs sauvages ;
- Conserver et favoriser la non intervention sur les boisements ;
- Conserver les milieux rivulaires du Drac et les espèces inféodées (Castor d'Europe, Chevalier guignette, Inule de Suisse) ;
- Lutter contre l'implantation et le développement des espèces exotiques envahissantes ;
- Maintenir les populations du Genévrier thurifère, du Grand-duc d'Europe et du Faucon pèlerin ;
- Gérer la fréquentation et améliorer la cohabitation entre usagers ;
- Conserver et valoriser pédagogiquement le patrimoine naturel, historique et culture ;
- Améliorer / entretenir l'environnement de l'ENS ;
- Gérer le site au moyen de la politique ENS.
A ces objectifs correspondent des actions précises, de gestion, d’accueil du public….
- La réglementation de conservation du site par APPB :
Afin d’assurer la conservation de la flore et le bien-être de la faune, l’accès à ce site a été réglementé par son premier arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) en juillet 2008.
A ce jour et depuis octobre 2017, l’arrêté préfectoral de protection de biotope n°38-2017-10-12-009 (abrogeant celui de 2008), cet arrêté précise des consignes à respecter aux usages, notamment relatif aux accès et à la circulation sur le site :
- La circulation des véhicules terrestre à moteur en dehors des voies ouvertes à la circulation publique est interdite en application de l’article L362-1 du code de l’environnement. Cette interdiction ne concerne pas la route d’accès au fort de Comboire.
Elle ne vise pas les véhicules utilisés : pour les pratiques agricoles et sylvicoles ; pour la gestion du biotope, l’entretien des sentiers, des chemins et des routes, l’intervention sur les réseaux aériens ou souterrains ; pour la sécurisation des galeries d’exploitation des ciments VICAT ; pour les agents chargés d’une mission de police et de secours ; pour les militaires dans le cadre de l’entretien et du suivi de l’activité du champ de tir ;
- Le stationnement des véhicules est interdit le long de la route d’accès au fort de Comboire ;
- La pratique du vélo est interdite en dehors des sentiers balisés et signalés. Elle reste autorisée sur le chemin carrossable des rives du Drac ;
- Les activités de bivouac et de camping sont interdites ;
- Le survol du site par tout type d’aéronef télé piloté est interdit ;
- Pour des raisons de sécurité, l’accès à l’intérieur des galeries d’exploitation des ciments VICAT est interdit au public ;
- Hors période de chasse, les chiens non tenus en laisse sont interdits ;
- Sous réserve de l’accord des propriétaires, la pratique de l’escalade sur la commune de Claix est autorisée toute l’année et elle est réglementée selon les modalités suivantes :
Sur l’ensemble des falaises incluses dans le périmètre de protection de biotope, l’équipement de toute nouvelle voie est interdit, l’entretien des voies existantes est autorisé, l’entretien des accès aux voies est autorisé, pendant les périodes où l’escalade est permise.
L'arrêté préfectoral de protection de biotope en vigueur - La création d'une zone de préemption sur la colline de Comboire
Au titre des ENS, le Code de l’urbanisme permet au Département d’instaurer des zones de préemption. Cet outil vise à garantir la préservation des espaces naturels remarquables. C’est le Département qui est titulaire du droit de préemption ; mais il peut, sur demande d’une Commune, lui déléguer son droit.
Le conseil municipal a délibéré le 22 juin 2017 pour la création d'une préemption au titre des Espaces Naturels Sensibles (ENS) sur la colline de Comboire.
Il s’agit avant tout d’un outil de veille foncière : il permet au Département (ou à défaut la collectivité titulaire du droit de préemption) de connaître les projets de vente de parcelles sur un périmètre donné à enjeux environnementaux. Sur des parcelles à forts enjeux, le droit de préemption permet au titulaire d’être prioritaire pour l’acquisition. L’acquéreur public s’engage alors à préserver la fonction naturelle des milieux.
La définition d’une zone de préemption n’impacte pas la propriété, la gestion et l’exploitation de la parcelle. Le droit de préemption n'intervient que lors d'une vente.
La zone de préemption sur la colline de Comboire
Les actus
- Département : Révision et actualisation du cahier des charges ENS du département en cours, ce qui aboutira à une nouvelle convention de labellisation ENS.
- Communes : Evaluation du 1er plan de gestion en cours.
- Communes : Définition du second plan de gestion en cours pour une durée de 10 ans (2027-2037).
- La vie en falaises : Le couple de Hibou Grand-Duc a donné naissance à 4 petits, une belle réussite pour cette année





